vendredi 30 mai 2014

"Je suis comme l'Europe je suis tout ça, je suis un vrai bordel. "

GUESS WHAT??? Je passe mon premier examen du second semestre lundi. Oui, ce lundi dans 3 jours. Du coup, je me suis dit que c'était le moment idéal pour procrastiner. J'en ai fait des choses pour l'occasion :
- J'ai enchainé trois lessives
- J'ai coupé ma frange qui m'arrivait en haut du nez tout de même -j'en avais oublié que j'avais une frange-.
- J'ai regardé tous les matchs de Roland-Garros que je pouvais regarder -en streaming car l'Espagne n'a pas les droits télé, super.... après renseignement, nous aurons droit aux demi et à la finale si au moins un espagnol y est présent (c'est probable, cela dit!!)-.
- J'ai fait la vaisselle. Même celle de mes colocs, c'est dire comme j'ai pas le courage de réviser
- J'ai même trouvé le temps de passer 5h à l’hôpital après une mauvaise chute (pour au final, qu'on me dise "non c'est rien", je me plains pas, hein, mais tant qu'à faire... autant me mettre un plâtre après m'avoir tant fait patienter).

BREF. Cela dit, nous voilà à 3jours de l'examen, et je n'ai plus rien à faire, donc j'ai décidé de penser pour ne surtout pas travailler. Et, du coup, de penser à voix haute, donc vous serez les témoins privilégiés de ma réflexion. LUCKY PEOPLE! Comme dirait Manau (mais si, "la tribu de Dana", toussa toussa), "j'étais seule sur mon lit en train de réfléchir en train d'imaginer ce que serait mon avenir quand j'ai décidé de stopper mes délires, ma réalité c'était de me mettre à écrire" (à peu près). Alors, j'ai eu plein d'idées d'articles, vraiment plein :
- Mon petit feuillet touristique sur l'Andalousie, mais ça prend du temps
- Un debrief des élections européennes, mais ça soulerait tout le monde
- Un petit résumé de "comment on fait pour apprendre l'espagnol" mais, honnêtement, la réalité, c'est que je l'ai surtout appris en regardant la télé et en lisant Cosmo -oui, d'accord, en parlant avec les gens aussi, j'ai appris toutes sortes de phrases que l'on n'apprend pas à l'école-. 
- Un article déprimant pour vous dire que je pars bientôt, mais si je commence, je vous en fais un tous les jours comme ça.

BREF. Donc, je vais faire un mélange de tout ça. Mais, quand même, je voudrais commencer en vous parlant de l'Europe. J'ai pas pensé à changer mon inscription sur les listes électorales, mea culpa, c'est un peu de ma faute tout ça, je n'ai pas voté. Mais quand même, je ne vous remercie pas non plus. Voilà une semaine que tous les étrangers croisant ma route me disent la même chose : "ah ah Marie, El Frente Nacional, bravo bravo....". Voilà, méga honte sur nous, je vous raconte pas. D'ailleurs, c'est ce que je leur réponds. Je m'excuse presque : "oui, c'est nul ce qu'on a fait, désolée." Parce que vous voulez leur dire quoi à ces pauvres espagnols ? "Vous comprenez, avec le gouvernement qu'on a", mais faut voir le leur... "C'est qu'on galère en France, faut comprendre ça", et eux, donc... Au passage, je me suis fait littéralement engueulée par mon coloc après avoir comparé une enième fois les prix français et espagnol, ça ressemblait à quelque chose du genre "Franchement Marie, maintenant tu arrêtes, tu te rends pas compte". Non, je me rendais pas compte, en effet. Je voudrais pas faire la morale, mais le taux de chômage en Espagne est quand même de 25%, il passe à 50% chez les moins de 25 ans. Ca calme, voila. Et puis moi, cette Europe, je l'aime plutôt. J'y connais pas grand chose. Je ne pense, égoïstement, qu'avec mon vécu. Mais il se trouve que tout cela se produit alors que je suis justement en Erasmus, un programme de mobilité EUROPEENNE, un programme crée pour que les jeunes voyagent à travers l'Europe, découvrent l'Europe, vivent l'Europe. En Espagne, je parle de la France, et je découvre des tas d'autres pays européens que je raconterai dès mon retour chez moi. J'importerai l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni et tant d'autres. Il n'y avait pas de frontières cette année autour de moi, pas de pays. Tous ces gens dont je ne parlais pas la langue, j'ai pourtant communiqué avec eux, chacun, nous avons appris l'espagnol puisque c'est là que nous avions décider de passer un an, tout comme nous aurions pu apprendre l'italien ou le finnois. Ce que je veux dire, c'est que l'Europe, pour moi, c'est pas les députés, c'est pas Strasbourg ni Bruxelles ; l'Europe, c'est tous mes amis et puis c'est un peu moi aussi. Vous m'avez énervée, franchement. Vous m'avez rendu un peu triste aussi... je lui dis quoi à ma coloc turque qui commente les résultats français en regardant les infos d'un "oh, c'est pas bon pour nous ça" ?....

Bon, à part ça, je peux pas m'en empêcher de vous en parler, ça sent quand même le sapin par ici...On a tous nos billets d'avion ça y est. Les deux questions récurrentes en ce moment sont "tu pars quand ?" et "tu fais quoi l'an prochain?". Ce qui est fou, c'est que je n'ai jamais entendu personne répondre "bah je continue ma petite vie pépére", ni même, "je retourne dans ma fac puis c'est reparti". Tous les gens avec qui je discute vont changer, soit de filière, soit de ville, soit éventuellement de pays. Je ne connais personne qui s'apprête à reprendre son siège dans un amphi dans lequel il avait passé les 3 années pré-Erasmus, personne. Nos projets seront plus ou moins réalisables, mais tous, nous sentons que quelque chose à un peu changé tout de même. Rentrer en France, en soi, ça n'est pas si grave, ça faisait partie du contrat. Je suis sans doute un peu dans le déni, voila pourquoi je répète en permanence "non mais moi je reste" alors que je sais très bien que je ne reviendrai que par moments, le temps d'avancer mon mémoire. Etre en France ne me gêne pas. Mais, être en France, au même endroit qu'avant, comme avant, c'est plus compliqué, je ne saurais pas dire pourquoi. Et c'est visiblement le cas de tout le monde. Donc voilà, juin commence dimanche et verra les premiers départs. On va en entendre des valises passer dans la rue. Je crois que le chauffeur du bus de l'aéroport n'a pas fini de sourire à ces pauvres jeunes en larmes -faut pas croire qu'on va partir la fleur au fusil, hein-. Je pars le 6 juillet. On pourrait penser que j'ai le temps, mais mon dernier examen est le 3. Donc, au final... On savait très bien qu'on avait le droit de profiter jusqu'aux examens. Que ce serait la dernière chose que l'on aurait à faire avant de partir. Et nous y voila...

En attendant, je vais à la plage. Ce week-end, tutafé, alors que j'ai un examen à réviser, tutafé. Mais on a été invités, des amis et moi, à un week end plage, on n'allait pas refuser, d'autant plus qu'une de mes amies du 1er semestre revient d'Allemagne et reste jusqu'à mardi. C'est magnifique. Ensuite, on arrêtera de se promener comme ça. Et il faudra songer à trier tout ce bazar accumulé dans la chambre, à valider ses examens, et à aller acheter deux autres valises chez le chinois, parce que là, clairement, niveau bagages, je suis dans la merde!! D'ici là, bisous bisous. Je serai de retour dès qu'il faudra que je procrastine à nouveau.

mercredi 14 mai 2014

Vámono' pa' la Feria!!!!

Je tiens TOUJOURS mes promesses. Donc, quand je vous promets que je vais enchainer avec un 2e article en quelques jours, JE LE FAIS! Admirez. En fait, c'est surtout que si je vous raconte la Feria en octobre, ça aura tout de suite moins d'intérêt. Alors, puisque l'on m'a demandé plusieurs fois "mais en fait, la Feria, c'est qouuuuuaaaa ?", je vais vous faire un petit cours magistal.

La Feria, s'appelle en vrai "la Feria de Abril", donc déjà, ça commence mal, puisqu'elle était cette année célébrée en mai. Comment cela se fait-il ?, me direz vous... Cela se fait qu'elle est toujours célébrée deux semaines après la Semaine Sainte, donc si le christ a ressuscité un peu plus tard cette année, la Féria commence un peu plus tard. Elle dure une semaine, en réalité, 6 jours, du lundi minuit -enfin, du mardi quoi, du coup- au dimanche minuit. Elle trouve ses origines dans les ventes de bétail du XVIIe siècle, et est devenue une réelle institution au XIXe siècle. C'est paradoxal, c'est une sorte de grand foutoir, mais très codifié (s'il vous plait, n'allez pas leur répéter que j'ai qualifié ça de "foutoir", mais c'est un compliment en réalité!!). Contrairement à ce qu'on pourrait penser, elle n'a pas lieu dans tout Séville, mais dans un quartier très précis, le barrio de Los Remedios (à l'autre bout de chez moi, ÉVIDEMMENT!!). Il se trouve de l'autre côté du Guadalquivir, pendant une semaine, les ponts enjambant le fleuve deviennent donc des passerelles remplies de femmes en traje de flamenca (la robe, quoi), et de calèches. Car oui, on ne va pas à la Féria habillé n'importe comment. Les femmes portent donc ce fameux traje, robe impressionnante à volants, ajoutent une fleur dans leur cheveux et complètent leur tenue d'immense boucles d'oreille. Elles peuvent très bien s'y rendre sans tout cet attirail, mais dans ce cas, tenue correcte exigée! Perso, j'avais décidé de jouer le jeu, et j'avais acheté une robe -d'occasion parce que c'est trèèèès cher-, une rose, tout, tout, tout! Comme ça n'est tout de même pas ce qu'on a fait de plus pratique, je l'ai délaissé plus tard et je me suis contentée d'une jolie robe et d'une fleur dans les cheveux. Les hommes sont particulièrement élégants, ils portent, dans de rares cas, l'habit traditionnel, ou bien un costume.


La Feria commence donc le lundi soir. On retrouve ses amis pour un diner composé de pescaito (entendez par-là "pescadito" mais avec l'accent andalou, il s'agit de poissons frits). Les propriétaires de casetas (on y revient, restez attentifs!) dinent à l'intérieur de la Féria, les autres peuvent se retrouver chez eux, ou dans des bars à tapas. Après le diner, tout Séville, grosso modo, prend la direction de la grande porte d'entrée de la Féria, afin d'assister à l'alumbrao (encore une fois, en vrai, on dit "alumbraDo"), à savoir l'éclairage de la porte, effectué par le maire himself. Il a lieu à minuit PILE POIL (il n'y a donc pas que pour la corrida que les espagnols sont toujours à l'heure!).





Et à partir de là, le film commence. Il va durer une semaine. On pénètre donc dans l'enceinte de la Féria, il s'agit d'une dizaine de rues, dont l'une d'elle, la Calle del Infierno, est en fait une fête foraine géante. Toutes sont bordées de ces fameuses casetas. Ce sont des petites maisons, sous des espèces de grandes tentes (parait qu'il faut surtout pas dire que c'est des tentes, mais bon...), comprenant un bar, quelques tables, une piste de danse et des toilettes sommaires. Elles sont, dans 95% des cas, privées, c'est à dire que l'on n'y accède que sur l'invitation de l'un des propriétaires. Seules 15 d'entre elles sont publiques, elles sont répertoriées au bureau d'information que je n'ai jamais trouvé!

Oui, bon, j'ai pas mieux comme photo!





Donc, c'est à ce moment là qu'il devient intéressant d'avoir des amis locaux! C'est mon cas, donc j'ai été invitée dans plusieurs casetas, et j'ai pu ainsi vraiment profiter de la Féria ; mais il est vrai que les touristes peuvent se sentir rapidement exclus. Cependant, si on joue le jeu de venir bien sappés, et que l'on montre que l'on a envie de s'amuser et de découvrir, on peut assez facilement finir par entrer dans une de ces pièces secrètes. 

Bon, donc, on fait quoi pendant tout ce temps ?

La fête dure, en général, de 13h à 6h du matin (oui, c'est long, et ça demande une grande endurance). Jusqu'à 20h30 se déroulent les défilés de chevaux, dont je n'ai aucune photo puisque je suis toujours arrivée trop tard...Mais il parait que c'est beau. A part ça, c'est somme toute très classique : on mange (des spécialités locales, que l'on paye cher si le propriétaire de la caseta n'a pas décidé d'offrir sa tournée générale), on boit (surtout de la manzanilla -vin blanc à base de pomme, très fort, pas bon, beurk, testé pas approuvé-, et du rebujito -manzanilla mais mélangée à du sprite, très (trop!!) testé, très approuvé-) et on danse (la sévillane, et surtout pas le flamenco espèces de touristes!!). La sévillane est en réalité plus simple que le flamenco d'ailleurs, elle se compose de quatre épisodes comportant un certain nombre de pas qui sont toujours chorégraphiés de la même façon : c'est comme le vélo ou la lecture, une fois que vous savez, vous savez. En l'occurrence, je savais, enfin, après 5 mois de cours! Comme je n'ai absolument pas l'intention de m'exposer bêtement sur l'espace public d'internet en train de danser, je vous laisse donc faire une recherche google pour en savoir plus. Donc, on fait ça jusqu'à 5-6h du matin, on, mange quelques churros trempés dans du chocolat qui brule la langue, et ensuite on attend 2h, soit le bus, soit le taxi, et on rentre chez soi avec la tête qui tourne et des ampoules au pied. Et vous savez quoi ? Le pire, c'est que le lendemain, on y retourne quand même !

En réalité, si la Feria se limite dans les faits à un seul quartier, elle envahit bel et bien tout Séville. Déjà, parce qu'avant d'aller festoyer, bon nombre de sevillans se pressent à la Plaza de Toros pour assister aux corridas (il y en a une chaque jour de la Féria). Puisque, rappelez vous-en, je suis une barbare sanguinaire, j'ai donc été assister à celle de vendredi (en réalité, c'est parce qu'une amie venue me voir voulait en profiter pour en voir une, et parce qu'Enrique Ponce toréait ce jour là et que ça m'apétécait bien de le voir toréer -"apetecer", c'est un verbe espagnol, mais, comme ça m'arrive parfois, je ne trouve absolument plus la traduction française..... en gros, j'avais envie de le voir toréer-). 





Et puis, il faut bien s'y déplacer jusqu'à cette Feria, on passe donc une semaine à croiser des centaines de personnes en habit traditionnel ; pour les plus aisés, perchés sur des calèches. Un sacré ballet, il faut le voir pour le croire....

Bon, je récapépéte :

- vers 13h, les casetas ouvrent, mais nous, on dort encore
- vers 15h, on se réveille
- à 18h, les uns vont aux arènes, les autres assistent aux défilés des chevaux (et ne sont pas moins cruels puisque certains chevaux n'ont pas survécu au traitement qu'ils ont subi à coups de journées entières posés debout sur les pavés à tirer des charrettes sous 40°, mais bon...)
- à 21h, on arrive à la Féria
- à 22h, on en est à sa 3e jarre de rebujito (j'ai bien essayé de commander au verre, mais z'ont pas voulu...)
- à 23 on a mal aux pieds
- à un moment on se met à danser
- au lever du jour, on en est à sa 11e jarre de rebujito, on décide de rentrer.
- vers 15h, on recommence.

Le dimanche soir, on a fini par aller faire quelques tours de manèges, puis on a gentiment attendu le feu d'artifice cloturant cette folle semaine.



Ca a sans doute été l'une des expériences les plus incroyables de ma vie! C'est comme assister au tournage d'un film, mais dans lequel on a le droit de jouer. Je pense que mes cheveux vont sentir la laque durant les 5 prochaines années à force d'en avoir aspergés mes boucles et mes chignons, mes pieds ont terminé la semaine en sang, et j'ai les lèvres gercées de trop de rouge à lèvres mais qu'est ce que ça valait le coup! Lundi matin, nous étions à nouveau tous en jean ou shorts, les chevaux avaient perdu leurs grelots et Séville semblait bien triste. Le temps que tout le monde se réhabitue à la vie normale...


T'as rien oublié ??

Si, quand même, faut que je vous dise que :

- Je sais que vous avez froid, vous autres, en France, mais bordel vous imaginez pas la chance que vous avez! La Féria a, parait-il, été la plus chaude de ces dernières années et je veux bien le croire. Depuis une semaine, le thermomètre dépasse allégrement les 40° dans l'après midi. Moi qui me revois, ébahie, devant les 36° que je voyais affichés en septembre, je rigole jaune maintenant quand j'en vois 45...
- La Feria a aussi ses mauvais côtés : les ladrones -à ne pas confondre, en lisant vite, avec les lardons, qui ne présentent pas en soi de défaut majeur-, il s'agit des voleurs. Toutes les personnes que je connais se sont fait voler quelque chose, de l'appareil photo au portefeuille en passant par le téléphone. Donc, j'ai pris énormément de précautions et je m'en sors avec brio puisque seule ma carte d’identité manque à l'appel de l'inventaire post-fête (si, vous savez, cet inventaire qu'on fait en se réveillant, et en retournant son sac en retenant sa respiration...). Et comme je doute qu'on me l'ait volée, juste comme ça, je pense qu'elle s'est simplement suicidée en tombant de mon sac. En soi, c'est pas grave puisque j'ai mon passeport, mais dans les faits, c'est assez relou tout de même puisque j'ai gagné un passage bonus au Consulat français pour déclarer la perte....
- Seville est magique, comme le PSG et même encore plus parce qu'on a gagné l'EuropaLeague !!! Oui, donc j'ai regardé un match de foot, en mangeant une pizza, si señor!! J'ai crié "Putain" quand les tirs cadrés ne passaient pas et "VAMOOOO" quand ils passaient (c'est à dire juste à la fin puisque ça s'est fini aux tab). Et donc, je dis maintenant "ON a gagné", enfin bon, tous ces trucs que j'ai toujours trouvés ridicules, mais que voulez vous, en tant que française, j'ai bien peur de ne pas pouvoir fêter beaucoup de victoires dans ma vie!
- La Féria c'était tellement bien que j'y retourne, mais à celle de Jerez (c'est dans la province de Cadiz donc pas bien loin) qui a lieu cette semaine. Je fais juste un A/R rapide, et j'en profite pour aller à la corrida de vendredi (décidément, quelle meurtrière je fais) parce que Manzanares torée et qu'il est très beau (vous me demandez hein, si vous voulez des analyses sportives ou autres brillantes et réfléchies). Puis, samedi, normalement, je vais à Gibraltar! Donc, il faut que je potasse mon anglais, parce que ça vire à la catastrophe ma maitrise de la langue de Shakespeare...

A plus tard dans la mare!!!
(Pardon, je sais pas ce qui m'a pris!)




lundi 12 mai 2014

Penser au retour. Ou pas.

Cette fois, ça commence sincèrement à sentir la fin. Dans les faits, il me reste encore plusieurs semaines à passer à Séville, 7 si je ne me trompe pas. Mais, seulement 3 avant la fin des cours. Ensuite, les examens commenceront. Et puis, quelques jours après avoir rendu la dernière copie, j'irai prendre mon avion. Et puis, de toute façon, entre nous, 7 semaines, c'est de toute façon assez peu. C'est un peu compliqué d'expliquer ce qui nous passe par la tête. Oui, parce que j'imagine que je ne suis pas la seule à ne pas trop savoir quoi penser. Il y a maintenant environ un an, j'ai appris que j'allais pouvoir partir à Séville, projet que j'avais effectivement en tête depuis plusieurs mois, mais dont je n'avais jamais, contrairement à de nombreuses personnes rencontrées ici, réellement rêvé. Là où ils pensaient "absolument", je me disais "pourquoi pas". Et, paradoxalement, mon principal objectif n’était ni de faire la fête, ni d’avancer dans mes études, ni d’embellir mon CV, ni d’apprendre l’espagnol, même si, au final, ces conditions ont été remplies, heureusement. Non, en réalité, j’avais décidé de partir à l’étranger seulement quelques mois avant, uniquement pour… partir, justement. J’étais fatiguée du cliché et pourtant véridique rythme metro-boulot-dodo, fatiguée de vivre dans une cage à lapin, d’additionner mes temps de transports et de correspondance pour savoir si j’aurai le RER de 15h14 en ne prenant que le bus de 15h01. Pas assez sportive, je m’étais rapidement essoufflée. Un rapide coup d’œil autour de moi m’avait confirmé que rien ne me retenait là où j’étais, du moins, rien qui ne pourrait m’empêcher de prendre le large, seulement quelques mois. Tout le reste n’a été que prétexte : une année d’études en plus ? Prétexte. Séville ? Parfait, puisque ça n’était pas Paris. 

Je n'ai pris conscience de ce que signifiait "partir à l'étranger" que bien plus tard, je crois qu'en fait, je n'en ai pris conscience qu'après mon arrivée ici. Je me connaissais quand même un peu, j’imaginais les premiers jours difficiles. Et non, je me revois, maintenant, me promener dans Séville, totalement inconsciente de ce qui venait de se passer et de ce qui allait se passer ensuite. Pendant plusieurs jours, j’écoutais mes nouveaux amis raconter leurs larmes à l’aéroport, les séparations difficiles, les horribles premières soirées, en me demandant comment il était possible que moi, je ne sois pas passée par tout cela. J’écoutais ma coloc me dire qu’elle s’était mise à pleurer sur le chemin de l’école sans comprendre pourquoi, en lui confirmant que « oui, c’est sur, c’est pas simple tout ça », alors que finalement, je m’en sortais drôlement bien. Il a fallu plus d’un mois avant que je ne craque pour la première fois devant une difficulté. Plus d’un mois avant que, moi aussi, je ne finisse par prononcer le fameux « il faut que je rentre un peu chez moi là ». Et, ça, franchement, cette résistance, je ne l’avais pas soupçonnée un seul instant. Pourtant, avec le recul, il est évident que l'on ne peut pas prendre conscience de ce que l'on fait. Imaginez donc... la veille de mon départ, si j'avais regardé ma valise en me disant "bon, c'est génial, demain je pars dans un endroit où je ne connais personne, où je n'ai jamais mis les pieds, dans un pays dont je parle à peine la langue", j'aurais sans doute ramené ma valise dans ma chambre, je l'aurais défaite, et je ne serais jamais partie.

Ma dernière semaine en France, la première de septembre 2013, je l’avais passée devant la télé, pour m’abreuver une dernière fois de toutes ces stupidités sans lesquelles il faudrait apprendre à vivre. Les premières semaines en Espagne, j’ai téléchargé toutes les applications possibles et imaginables pour regarder la télé française. Non pas que je sois spécialement accro, mais certaines émissions étaient comme une petite routine, et sans doute que cela me rassurait de pouvoir la maintenir. Mais, souvent, il est très compliqué de regarder un replay, ou une émission en direct depuis l’étranger. Un beau soir de janvier, pour la première fois, l’accès à la dernière émission que je pouvais encore regarder m’a été refusé. J’ai eu beau lancer l’application, rien à faire. J’ai paniqué. 27 secondes, à peu près. Puis, je n’ai plus jamais regardé cette émission. Et j’ai découvert qu’il y avait un tas de choses qui n’étaient pas si indispensables que ça. Bien sur, les gens restés en France le sont, indispensables (dans l'ensemble en tout cas!). Mais le reste...

Alors, voilà. Avant mon départ, on m'a beaucoup charriée à coups de "ahah, tu vas voir, tu reviendras pas". Je riais, je trouvais ça ridicule, bien sur que j'allais revenir, fallait pas exagérer quoi! Les gens ayant déjà vécu ce genre d'expérience me disaient, eux "ce qui est certain, c'est que tu voudras repartir, un jour". A la rigueur, je pouvais comprendre ça, mais sans réellement savoir si ce serait mon cas. Pourtant, à peine arrivée, ce n'est même pas que j'ai aimé ce pays, c'est différent, je ne sais pas comment m'expliquer sans avoir l'air ridicule. Disons que j'ai senti que c'est là qu'il fallait que je sois à ce moment précis. Mais j'imaginais que 10 mois plus tard, j'aurais fait mon temps et que je pourrais rentrer grand sourire aux lèvres et cheveux au vent. Sauf que. C'est pas si simple. C'est même très compliqué. Je crève d'envie d'être chez moi, j'entends, d'être chez moi pour de bon, pas 4 jours. Je veux retourner à Paris, que je n'ai pas vue depuis près de 5 mois, où m'attendent tellement de choses et de personnes. Vraiment. J'en ai envie, j'en ai besoin. Et pourtant, je ne me sens absolument pas capable de laisser tout ce que j'ai construit à Séville. C'est trop tôt. J'y découvre encore des rues, des restaurants, des saveurs, des odeurs, et des gens. 

Bon. Il se trouve qu'en septembre, si les choses se passent comme elles sont censées se passer, je validerai mon M1 d'histoire. Théoriquement, je dois poursuivre en M2 l'année prochaine. J'ai beaucoup hésité sur ce que je ferai cette année là, justement. Je suis maintenant fermement décidée à poursuivre mon mémoire car mon sujet me plait. Or, je travaille sur une revue andalouse. Je ne trouverai rien à Paris là dessus, d'où la proposition de mon directeur de recherche d'effectuer "quelques aller/retour à Séville" dans l'année. L'idée m'a forcément plu. Mais tout cela implique de retourner vivre à Paris, d'y repayer un loyer, pour rien durant quelques semaines. C'est financièrement parlant impossible -et honnêtement, moralement, ça ne l'est pas tellement moins-. En M2, je n'aurai que 3 cours, qui peuvent être suivis à distance. Alors, on me l'a suggéré... pourquoi ne pas transformer les quelques aller/retour à Séville en quelques aller/retour à Paris ? Pourquoi ne pas revenir dès la fin de l'été ? Ca ne serait pas comme cette année... hormis mes amis espagnols, les autres seront tous partis. Sans doute que la ville me paraitra différente. Mais, au fond, qu'importe. J'ai évoqué ce projet à pas mal de gens ici. A coups de "mais bon, je sais pas...". Et puis, l'une de mes potes a eu la réponse qui m'a décidée : "je comprends pas pourquoi t'hésites en fait". Je crois que je n'hésite plus... N'ayant aucun cours à Séville, je serai bien plus disponible pour passer en France, et je n'y manquerai pas. C'est chez moi, je ne peux pas, et je ne veux pas faire semblant d'être de Séville. Mais pour l'instant, désolée, je n'ai pas la force de monter dans cet avion en me disant que c'est terminé. Pour de bon.

(Bon, sinon, la Feria vient de s'achever. Je vous raconte tout très très bientôt (genre dans quelques jours, pas quelques semaines. C'était incroyable. Ou plus que ça. C'était Séville, quoi...)
 

jeudi 24 avril 2014

A la découverte de l'Espagne.

Je viens de passer dix jours qui m'ont prouvé qu'Erasmus, ça vous changeait n'importe qui. Une preuve ? Oui, tout de suite... Avant, ma passion dans la vie, c'était mon lit. Mon paradis, c'était ma chambre. Partir à l'aventure, pour moi, ça signifiait aller cueillir de la ciboulette dans le jardin. J'avais un peu dépassé ce stade en partant faire mes études à Paris, mais finalement, à peine, et je répétais à qui voulait l'entendre qu'on n'était jamais aussi bien que chez soi. Et puis, je suis partie vivre dans un autre pays. J'ai fait le tour de Séville dix fois, cent fois. Et j'ai voulu voir plus loin... Grenade. Cadiz. Cordoue. Malaga. Lisbonne. Madrid. Je les ai enchainés. Et plus je faisais ma valise, plus je voulais repartir. Continuer à découvrir l'Espagne. Puisque, au fond, c'est pour ça que je suis là. Je veux me rappeler de mon Erasmus en me disant que j'en ai pris plein les yeux. J'ai tant voyagé que j'ai vite abandonné l'idée de vous raconter chaque ville, l'une après l'autre... J'attends ma dernière virée andalouse (Jérez-Gibraltar-Ronda) sur un week end de mai pour faire un article récapitulatif de l'Andalousie, cette région que j'aime décidément tant. Mais, il se trouve que je reviens de dix jours de vacances durant lesquelles je me suis aventurée ailleurs en Espagne. En effet, du 13 au 20 avril se déroulait la Semaine Sainte, c'est le genre de chose avec lesquelles on déconne pas en Espagne, et surtout dans la moitié sud. Pour autant que je respecte les croyances de chacun -et que j'ai même pris plaisir a assister à un bout de messe, et à admirer une procession-, la résurrection reste cependant quelque chose qui ne me fait que peu frétiller, donc j'ai décidé de profiter de toutes ces journées libres pour aller voir ailleurs. Oui, petit détail, car visiblement, ça a échappé beaucoup : je ne suis pas en vacances tout le temps.





On m'a récemment envoyé un message terminant par "profite bien de tes dernières semaines de vacances". Non, non, non. Mise au clair : vous êtes mignons, mais des vacances, on en a même moins qu'en France. 2 semaines pour Noël, 1 semaine pour la Semaine Sainte, 1 semaine pour la Féria (deux semaines après la Semaine Sainte). Ya esta. Basta. C'est tout. Etant en France à Noël, et voulant rester à Séville durant la Féria, je n'avais donc que cette fameuse semaine d'avril pour partir plus longtemps. J'avais prévu de partir quelques jours avec ma coloc et une copine française, Erasmus également, au soleil pour ne rien faire. La destination la moins chère étant Majorque, on a opté pour cela, et un ami de ma coloc nous y a rejoint. Ensuite, je me retrouvais avec 6 jours à occuper, seule cette fois. J'ai failli décider de les passer à Séville, et finalement, j'ai fait quelque chose dont je ne me serais jamais sentie capable plus tôt : je suis partie. Seule. A l'aventure. En ne réservant transports et hôtels qu'au dernier moment. Le jour où j'ai quitté mon appart, je ne savais pas quand je reviendrai, comment, et d'où. J'avais dans l'idée de rentrer à Séville en bus et covoiturage en longeant la Méditerranée et en m'arrêtant à Valence, Alicante, et Murcia.

Ah! Je vous ressors ma super carte, je sais qu'elle est tellement belle, on va pas s'en priver!!




Finalement, le vol Palma-Valencia était hors de prix. J'ai envisagé un instant le bateau, mais il y en avait pour 7h, et c'était pas moins cher. Quand soudain, quelle ne fut pas ma surprise en apercevant un vol Palma-Barcelone pour 20€ ! Je l'ai donc réservé, en me disant qu'à Barcelone, j'étais sur la terre ferme (à Majorque aussi, mais on se comprend), et qu'on verrait bien ensuite. Je connaissais déjà, donc je ne voulais pas y "perdre" trop de temps, puisque je voulais par contre vraiment connaitre Valence. J'y suis donc restée 48h avant de descendre en bus à Valence, d'où j'ai fini par prendre un TGV qui m'a ramenée à Séville puisque, les vacances et le budget n'étant pas extensibles, j'ai finalement du renoncer à Alicante et Murcie. Ca sera pour plus tard. Donc, au final, j'ai fait ça :




Et comme je pense à tout, vous avez donc les trajets en avion en rouge, le trajet en bus en bleu, et le trajet en AVE (le TGV espagnol) en orange.

Majorque

Je suis donc arrivée au Baléares le jeudi soir, avec ma coloc, et on a retrouvé son ami là bas. Notre amie française est arrivée le lendemain. On y a passé 4 jours, à admirer la mer. Les plages y sont sublimes et la mer d'un bleu incroyable. Le samedi, on avait loué une voiture pour visiter quelques coins de l'île -qui est bien plus grande qu'il n'y parait en réalité-, qui nous avaient été recommandés par nos hoôôtes (j'aime bien cet accent, il existe qu'en français, on s'en rend pas compte avant d'apprendre une autre langue! bref!). Devinez qui conduisait la voiture ? EEEEHHH OUUUUII! Et on n'est pas morts! Parce que je conduis bien. On a donc visité Pollença, le Cap Formentor, Soller et Valdemossa, toutes situées dans la partie ouest de l'île, c'est à dire la partie montagneuse, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO s'il vous plait. Partout, des petits villages tout mignons, et puis la mer, à perte de vue... Sinon, quand je conduisais pas, j'étais à la plage. D'ailleurs, j'ai déjà la trace de mon maillot de bain, alors qu'on est qu'en avril mouhahahaha!

Cala Contessa

Cathédrale de Palma

Palma

Cap Formentor

Sóller

Valdemossa

Plage d'Illes

Barcelone

Le mardi, je me suis donc retrouvée comme une idiote, sans mes amis. Le hasard faisait drôlement bien les choses, en général (assez souvent, quand même!!!), il s'est trouvé qu'une fille de mon cours d'espagnol avait prévu de visiter Barcelone et Valence plus ou moins aux mêmes dates que moi. On a donc pu faire quelques expéditions ensemble. Je connaissais donc déjà Barcelone, malgré tout, il me restait des choses à voir, je comptais notamment rentrer dans la Sagrada Familia cette fois, même si ça a presque impliqué de casser mon PEL. Cette fois, j'ai abordé la ville avec un regard différent. Jusqu'à septembre, c'était le seul endroit que je connaissais en Espagne. Maintenant, je peux dire que je ne connaissais pas l'Espagne, car, désolée, Barcelone, c'est pas l'Espagne. C'est bien, je ne dis pas le contraire, j'aime beaucoup cette ville. Mais les catalans tiennent à montrer leur différence, et ils y parviennent. L'ambiance est clairement différente de celle de Madrid, et encore plus de celle de l'Andalousie. Je suis donc restée près de 48h, j'ai visité le Park Guell et ses célebres bancs de céramique, (re)visité le musée Picasso, (re)marché sur la Rambla. Je me suis beaucoup déplacée à pied pour voir au détour d'une rue l'architecture de Gaudi ou rentrer dans les marchés couverts. J'ai par ailleurs vécu l'un des meilleurs moments de mon Erasmus devant un match de foot (qui l'eut cru ?), puisqu'il se trouvait que la finale de la Copa del Rey (comme la coupe de France mais pas en France) se jouait ces jours-ci entre le Barça et le Réal Madrid (c'est leur PSG-OM, en plus violent encore, je dirais...). Barcelone a perdu, mais l'ambiance était incroyable, même si à la 90e minute, le bar s'est vidé en 30 secondes. Moi je m'en foutais de qui gagnait (mon coloc non, quand je lui ai raconté ça, lui fidèle supporter de Madrid, s'est levé d'un bond en hurlant "ah j'aurais payé pour voir leurs têtes PAAAAYYYYEEEE AAAAAAAAAAAAAAAAAHAHAHAHAH" tout va bien, il est juste nerveux). Bon, ceci étant fait, j'ai quitté la Catalogne.

Et oui, je sais aussi faire les panoramas! (cliquez pour agrandir)

Park Guell

Mercado San Joseph

Monument à Christophe Colomb

Port de Barcelone

Sagrada Familia

Pareil, mais dedans.





Valencia

Et puis donc, Valence. On en a déjà parlé, pour la paella. J'ai fait le trajet depuis Barcelone en bus, c'est un moyen de transport bien plus utilisé en Espagne, car peu cher, et vous n'êtes pas sans sans savoir que par rapport aux espagnols, les français sont millionnaires. Clairement, le train est ici un luxe que beaucoup ne peuvent plus s'offrir, bien qu'il ne soit pas plus cher qu'en France, en général (à part quand des promos passent subtilement, comme ça a été le cas pour mon retour à Séville, qui font qu'on peut en effet se permettre de ne pas mettre 10h à traverser le pays). Le trajet en bus durait donc, dans mon cas, 3h30 environ. Je suis donc arrivée à Valence en fin de journée, le jeudi, et j'y suis restée jusqu'au dimanche matin. Mon amie (brésilienne) de mon cours d'espagnol m'y a donc, à nouveau, rejoint. J'ai adoré cette ville. Son centre historique présente beaucoup de monuments intéressants et charmants, mais dès que vous vous éloignez, vous arrivez à la cité des sciences et des arts (dont vous avec sans doute déjà tous vu des photos) : un immense complexe inauguré en 1998, regroupant un musée d'art, un musée des sciences, des salles de projections, et le plus grand aquarium d'Europe. O  a passé pas moins de 5h là bas, en ne voyant qu'1/4 de l'ensemble... Dans le centre de Valence, j'ai visité les nombreux jardins -un fleuve traversait la ville mais fut dévié, et un immense parc de 7km de long fut construit dans son lit-, le musée des beaux arts, la Cathédrale, le Mercado Central, et une église dans laquelle je suis arrivée au beau milieu de la messe du Samedi Saint. J'ai également croisé une procession religieuse, c'est presque émouvant tant c'est solennel. Le soir, le mieux est de manger une paella sur le Paseo Maritima, en bordure de la mer. Enfin, j'ai visité les Arènes, qui présentent l'avantage, comme à Madrid mais contrairement à Séville, de permettre l'accès au ruedo, c'est à dire à la piste. Plus de débats autour de la corrida, lorsque l'on se retrouve tout seul là dedans, on se sent si petit... J'aurais voulu profiter plus de la plage, mais il y avait un vent de gueux mes amis! A Valence, tout comme à Barcelone, on ne parle pas uniquement le castillan, puisqu'ici, les gens parlent également le valencien (qui n'est pas du catalan, attention, mucho attention à ce qu'on dit...). Cependant, il est frappant de voir que, plus on revient vers le sud, plus l'atmosphère est semblable à ce que je connais (et aime!!) en Andalousie.

Hotel de Ville de Valence

Plaza deToros

Id.

Cité des arts et des sciences

Id.

Un Hippocampe

Valence d'en haut

Pont des fleurs

Paseo Maritimo

Cathédrale
Et puis, j'ai pris le train, et je suis rentrée. Je suis arrivée à Séville où j'ai retrouvé mon appartement avec la fenêtre grande ouverte alors qu'ils étaient tous en vacances. Pas grave, je les aime bien quand même. Et, vraiment, en plus, ça doit être la fin qui approche qui me rend mielleuse. Mais je les aime bien, mes colocs.

Et puis, sinon...

Sinon, j'ai enfin eu mon directeur de recherche au téléphone. Il trouve mon sujet génial, ça tombe bien, moi aussi! Le seul truc qui n'était pas prévu, c'est qu'il veut que je le termine ce mémoire, et donc que je passe une année supplémentaire à Nanterre. Mais, il me propose de passer quelques semaines de nouveau en Andalousie pour terminer mes recherches.... comment refuser ?

Sinon, y'a pas longtemps, c'était mon anniversaire. On me l'a souhaité en espagnol. En français, avec des fautes. Et en turc. C'était joli.

Demain, j'arrive en France. Pour 4 jours. Ca va être bien. Mais c'est bizarre, j'ai l'impression d'être revenue en Espagne hier, mais non. J'ai un grand projet pour l'occasion : manger du pain.
Bisous bisous.

mercredi 2 avril 2014

Buen Provecho!!

2 articles en une semaine... Il va neiger à Séville si je continue comme ça (ce qui serait une première depuis le Paléolithique moyen). Mais depuis que j'ai écrit que j'allais faire un article sur la cuisine locale, ça me fait frétiller les papilles. Du coup, j'ai réuni mon comité de rédaction composé de moi-même pour me lancer dans ce chantier de grande envergure. Car, on ne plaisante pas avec la cuisine. Surtout quand on est française. Et surtout en Espagne. Donc, une française en Espagne, je ne vous raconte pas l'importance que prend le sujet.  Alors, petit test : si je vous dis "spécialité locale", je suis sure, que dans la seconde, vous me sortez le trio incontournable : paëlla-tortilla-sangria. 

Alors, oui, bien sur, vous avez raison. Ce sont les classiques. Sauf que c'est comme arriver à Marseille et demander une bonne tranche de pain aux rillettes "parce que c'est local". Vous en trouverez. Mais ils se foutront bien de vous. Mon petit trio PTS, il est espagnol, mais pas de toute l'Espagne, et surtout pas de Séville. Mais c'est pas grave, va, je vous raconte quand même.

La tortilla de patatas

 


Alors, attention, très attention, mucho attention, s'il vous plait !! En Espagne, on peut se contenter de dire "tortilla", mais dans le langage commun, on précise "de patatas" parce qu'en vrai, une tortilla, c'est les galettes de maïs qu'on utilise quand on veut se faire un plateau-télé mexicain (et accessoirement, base de l'alimentation quotidienne de mon coloc). Rien à voir. Alors, la tortilla de patatas, c'est donc l'équivalent d'une omelette, sauf que comme son nom l'indique, on la bourre de pommes de terre, et on n'hésite pas non plus à mettre la dose d'oignons. Parfois, on ajoute du jambon. Elle est bien plus épaisse, du coup, qu'une simple omelette. En générale, elle ruisselle de gras (MIAM MIAM), on la coupe en petites parts individuelles, et là, il se peut que les choses prennent un tournant inattendu puisque ces gens là adorent bourrer leur part dans une tranche de pain -évidemment, mauvaise-, pour se faire un sandwich à la tortilla. Ce concept m'échappe un peu. A noter qu'on peut très bien faire une tortilla sans patates, dans ce cas, on ne l'appelle évidemment pas "tortilla de patatas" mais... "tortilla francesa". Ben oui.

La Paëlla






Exemple typique du plat qu'on croit que c'est méga espagnol, et qu'on va pouvoir en profiter de Saint-Jacques de Compostelle à Grenade en passant par Tolède. Non. Enfin si, maintenant, dans les restaurants touristiques, ça s'appelle la mondialisation. Mais la paëlla, ça vient de Valence, et basta (Valence en Espagne, hein, je ne doute pas du potentiel culinaire de la Drome, mais bon...). Elle se compose de riz jaune, dont la couleur est obtenue grâce à l'utilisation d'un colorant de safran. Ensuite, on y ajoute toutes sortes de truc : de la viande, des légumes et quelques fruits de mer. On presse un citron sur le tout, et c'est prêêêêttt !!! (J'imagine que c'est en fait un peu plus compliqué que ça, mais je n'ai jamais tenté).

La Sangria





Incitation à la débauche. Bon, c'est tout bête, vous versez des litres de vin rouge, vous balancez des fruits, des agrumes, surtout, mais un peu de tout ce que vous avez sous la main, vous attendez un peu, mais pas trop longtemps, vous rajoutez encore un peu d'alcool, vous mettez une paille et vous buvez jusqu'à plus soif. C'est tout bête, c'est tout bon, ça rend la vie belle.

Mais à part ça, en Andalousie, on mange plein d'autres choses aussi bonnes, voire meilleures. Le best, le number one, c'est...

Le salmorejo





Puf, j'en ai le ventre qui gargouille. Le salmorejo vient de Cordoue (ironie de l'histoire, c'est là bas que j'ai mangé le plus mauvais, mais c'était uniquement du à la grande abondance de sel, car la texture était juste parfaite). Il s'agit, en gros, pour vous simplifier l'histoire, d'un gazpacho épais, épaisseur obtenue par de la mie de pain. Il faut donc la mixer avec de la tomate, de l'huile d'olive, éventuellement du vinaigre, de l'ail, bref, faire un assaisonnement quoi.On y ajoute sur le dessus des petits morceaux de jambon serrano (on y revient), d'oeufs durs, et parfois des miettes de thon (ça, c'est pour le meilleur que j'ai mangé). C'est un peu quitte ou double, et croyez moi, je suis devenu experte ès salmorejo, je le teste dès que j'entre dans un nouveau restaurant. Tout dépend de la texture, il faut qu'il soit bien crémeux et velouté. L'assaisonnement peut être plus ou moins réussi. Quoi qu'il en soit, ça cale bien! Et c'est bon!

Le Jambon Serrano




Bon, bah c'est du jambon, quoi. Il se mange dans toute l'Espagne, mais il est principalement produit en Andalousie. A distinguer du jambon ibérique, qui provient du porc ibérique (ils se foulent pas sur les appellations...), le jambon serrano est produit à partir de porc blanc. C'est une institution ici. Impossible d'aller au supermarché sans se coltiner l'allée de jambons suspendus.  J'ai donc pris l'habitude d'acheter mon fromage en bloquant ma respiration (les deux rayons sont en face, et je suis désolée, mais l'odeur, c'est pas possible). Ca coute une fortune, en général, ça fait office de lot de tombola. 

Aceite de oliva et Aceitunas



On arrête de plaisanter, sujet sérieux : les olives, et l'huile qui en est issu. Vous savez tous ce que c'est, donc on passe rapidement (j'ai l'impression d'être prof, parfois...). Ca n'est pas un plat, ça n'est même plus une institution, c'est une RELIGION. Les olives sont très fréquemment servies gratos au resto avec l'apéro. Quant à l'huile, comment vous dire ? Il y en a partout, dans chaque plat, même quand vous ne le soupçonnez pas, l'huile d'olive est là. C'est un peu le concours à celui qui videra sa bouteille d'huile d'olive le plus rapidement possible...

Le Tinto de Verano





C'est mon autre dieu (je suis polythéiste, c'est pour ça). Techniquement, ça veut dire "vin d'été", mais chez moi, ça veut dire "vin de toute l'année" ou bien simplement "eau". Ca se boit comme tel, c'est un piège. J'ai découvert ça une semaine après mon arrivée environ (et c'est déjà bien tard), après justement avoir demandé un sangria à un serveur qui m'a ri au nez en me répondant "je t'amène un tinto de verano". OK. Car, dans les faits, on peut considérer ça comme une sorte de sangria pétillante, en vérité, il y a quelques différences. Le tinto se traduit par "vin rouge" (et donc, en toute logique, "vin rouge" se dit "tinto", arrêtez donc tous avec vos "vino rojo"). On remplit donc le verre à moitié de vin rouge, et on complète par une boisson pétillante type Fanta Citron, Limonade ou Fanta Orange, le tout, sur un gratte-ciel de glaçons. Une petite rondelle de citron et c'est parti. C'est tellement répandu qu'il en existe du tout prêt ici, mais rien ne vaut celui préparé devant vous. C'est une boisson miracle, celle qui m'a fait aimer le vin rouge, celle qui a fait aimer l'alcool à ceux qui ne l'aimaient pas. Et ça doit pas être bien sorcier à reproduire, essayez donc!


Vamos de tapas!


Tout ce dont j'ai parlé ici peuvent se manger sous la forme de tapas, en Espagne, tout est un tapas, il y a toujours une bonne raison de sortir manger des tapas, parce que c'est la vie tout simplement. Il y en a à foison, donc, je vais me contenter de réciter ceux que je connais, et que j'aime.
- Le Solomillo : c'est une pièce de viande, le filet je crois, qui se consomme avec toutes sortes d'assaisonnements : au salmorejo, au roquefort, aux amandes, au whisky et j'en passe.
- Les Berenjenas : ce sont les aubergines, qui sont en général cuisinées frites, arrosées de salmorejo (décidemment), ou de miel.
- Pimientos Aliñados : les poivrons marinés, rien d'original, mais tellement bons.
- Las Croquetas : ce sont des croquettes panées, à la préparation classique, que l'on garnit, le plus souvent, de champignons, de jambon, d'épinards ou de crevettes.
- Ensalada de Gambas : c'est une salade de crevettes, tout ce qu'il y a de plus banal, mais, quand je mange celle de la Casa Paco (ah, la Casa Paco de l'Alameda...), je meurs de bonheur, voilà.
- Las Papas : ce sont des pommes de terres, accompagnées soit de Sauce Brava (ça pique!!) soit de sauve Ali-Oli.
- El Queso de Oveja : il s'agit de fromage de brebis, c'est l'un des plus répandus, c'est très fort en gout, mais drôlement bon. De toute façon, face au manque de reblochon, je prends tout ce qu'on me donne.

Voilà, j'en ai sans doute oublié des dizaines, mais c'est juste impossible de faire une liste exhaustive. Maintenant, j'ai sacrément faim, c'est malin. Heureusement, il est 14h, c'est (pas tout à fait mais bientôt) l'heure de manger. Buen Provecho!! (et non pas "Buen Apetito", cette langue comporte quelques pièges).